Mon avis sur Moriarty : on sait qu'il tue, et on espère quand même qu'il s'en sorte
J'ai commencé en me disant « encore un détournement de Sherlock Holmes avec des beaux garçons », et je me suis retrouvée à relire des chapitres entiers juste pour voir comment William avait tout ficelé. Le coup de génie, c'est de faire du méchant le narrateur : on connaît le coupable dès la première page, et le suspense est ailleurs, dans le plan, dans ce qu'il cache à ses propres frères. Et puis il y a Sherlock. Bordélique, insolent, drôle, il débarque au tome 2 et la série change de dimension : le duel entre ces deux cerveaux est ce que j'ai lu de plus électrique dans un manga policier depuis longtemps. Le dessin de Miyoshi suit, avec des costumes et des décors qu'on a envie de détailler case par case, et une ambiance victorienne crasseuse sous les dorures.
Bon, tout n'est pas parfait. Les premiers tomes tournent au format « une injustice, une vengeance » et ça devient un peu mécanique. Côté casting, tout le monde est beau, élégant, les pommettes bien hautes : si le style bishônen vous agace, vous allez lever les yeux au ciel. Et William frôle parfois le personnage trop parfait pour être vrai. Mais une fois la grande intrigue lancée, vers le milieu de la série, je n'ai plus rien pu reposer. Le seul vrai reproche qui reste, c'est l'attente d'un an entre deux tomes.
Sylvie, qui a déjà choisi son camp dans ce duel et ne le dira jamais à voix haute

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